DELEGATION BRETONNE A BRUXELLES

g Skoazell-Vreizh, la CARB et le Collectif de Femmes s'associent

Communiqué de l'AFP DU 06/12/01, par Tanguy QUEMENER

Les défenseurs des militants bretons emprisonnés en appellent à l'Europe

RENNES, 6 déc (AFP) - Plusieurs associations de défense de huit militants
indépendantistes bretons, en détention provisoire pour certains depuis plus
de deux ans, ont rédigé un rapport dans lequel ils dénoncent "une justice
d'exception" et en appellent aux institutions européennes pour que leur soit
reconnu le statut de "prisonniers politiques".

"Le contexte politique actuel, visant à "criminaliser" tout militantisme
politique à revendication nationaliste et identitaire, confère à l'Etat des
pouvoirs élargis et lui permet de justifier certains agissements (...) en
totale violation de la Convention européenne des droits de l'Homme", déplore
le texte, dont une copie a été adressée jeudi au bureau de l'AFP à Rennes.

"De 1963 à 1981, la Cour de sûreté de l'Etat se chargeait de ces dossiers, ce
qui signifiait l'application d'un statut spécial pour les prisonniers
politiques", rappellent les associations. "Depuis 1986, la France s'est dotée
d'une nouvelle cour d'exception (quatorzième chambre du Parquet de Paris),
mais aucun statut spécial ne fut rétabli".

"Près de 350 militant(e)s breton(ne)s ont été déféré(e)s devant cette cour
depuis 1992. Depuis la fin 1999, plus de 150 militants bretons ou proches de
militants bretons ont été interpellés et placés en garde à vue. Huit d'entre
eux sont toujours incarcérés".

"Casser une mentalité, une opinion"

En outre, "la longueur de l'instruction (...) fait que plusieurs (des
prisonniers bretons) sont en détention provisoire depuis maintenant plus de
deux ans. Deux ans, c'est pourtant la limite que préconise la Convention
européenne des droits de l'Homme. Une nouvelle fois la France risque d'être
condamnée", prévient le rapport.

"Nous demandons l'instauration d'un statut de prisonnier politique (...).
Nous faisons appel à la communauté européenne et à l'opinion internationale
pour qu'elle appuie nos revendications", conclut le rapport, cosigné par la
Coordination anti-répressive de Bretagne (CARB), Skoazell Vreizh ("Secours
breton") et un collectif de femmes "contre les méthodes d'interventions
brutales et disproportionnées des forces de l'ordre".

Huit personnes, membres du mouvement politique Emgann, ont été mises en
examen et incarcérées en région parisienne. Trois le sont pour "association
de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" dans le cadre de
l'enquête sur le vol d'explosifs de Plévin (Côtes-d'Armor) en septembre 1999.
Les cinq autres sont poursuivies après l'attentat mortel du McDonald's de
Quévert (Côtes-d'Armor) en avril 2000.

Plusieurs mouvements et élus bretons, se sont récemment émus de ces maintiens
en détention, tel le vice-président (DVD) du conseil régional de Bretagne,
Jean-Yves Cozan.

"Maintenir ces prisonniers loin de leurs familles, de leurs avocats, avec
toutes les conséquences humaines que cela implique, et prendre son temps
comme si on voulait casser une mentalité, une opinion, ça m'interpelle. Il
est temps que ça se conclue", avait-il déclaré en septembre dernier.

06/12/01 15:57


[accueil] [familles] [témoignage] [répression][garde à vue][présomption d'innocence] [contexte législatif] [les prisonniers politiques] [femme d'algérie] [lexique] [liens] [courrier]